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Héritage d'une longue et tumultueuse histoire, le territoire du parc présente de multiples facettes géologiques. Reliefs et roches nous racontent 250 millions d'années qui voient naître et mourir mers et océans et se battre des montagnes. Au sud, les plateaux calcaires du Haut-Var et le canyon du Verdon, sont sculptés par l'érosion karstique. Dolines et gouffres alimentent des rivières souterraines dont les sources pétrifiantes soulignent les résurgences. Riche en fossiles et en affleurements remarquables, la partie est du parc fait partie de la réserve géologique de Haute-Provence. Le vallon des siréniens et son musée de Castellane nous replongent dans la mer dans laquelle est née la Provence.
Trias :
Au début de l'Ere secondaire, il y a 245 millions d'années, la Provence, vieux continent érodé, se présente comme une vaste plate-forme faiblement inclinée, limitée à l'est par le rivage d'un vaste océan qui couvre l'Europe centrale et l'Asie. Durant le Trias, plusieurs phases d'envahissement et de retrait de l'océan alpin inondent temporairement cette plate-forme. Chaque régression abandonne des lacs salés dont l'évaporation dépose des couches de gypse qui joueront un grand rôle lors de la mise en place des Préalpes.
Jurassique :
Au jurassique, une distension de l'écorce terrestre provoque un effondrement de toute la région. L'invasion marine est franche. A partir du rivage, formé par le massif central à l'ouest et l'Estérel au sud, s'ouvre au nord-est l'océan alpin au sein duquel se met en place une dorsale océanique volcanique. Près du rivage, à faible profondeur, se développe une vie intense. Issus de l'érosion des reliefs, des alluvions sont apportés par les rivières. Peu à peu, ces alluvions et les débris issus des récifs forment une importante couche de sédiments à l'origine des diverses roches qui composent les reliefs actuels. Retour vers le haut de page :
Crétacé :
Au Crétacé, l'Afrique en vadrouille vient percuter l'Espagne. La compression qui en résulte plisse les Pyrénées, mais aussi, plus près de nous, tous les terrains du sud de la Provence. La montagne de Lure, le Luberon ou les reliefs du Haut-Var, tous orientés est-ouest sont la marque de cette collision. Dans la zone du Verdon, un haut-fond est le siège d'une sédimentation intense à l'origine des 700 m de calcaires entaillés par le grand canyon. Progressivement, le fond marin se rehausse. Une grande partie de la Provence est émergée à l'aube de l'ère tertiaire.
Début du Tertiaire :
L'Afrique continue ses frasques, d'abord en relâchant la pression, puis en retamponnant l'Europe cette fois via l'Asie mineure et les Balkans. L'Italie se détache de l'Afrique du nord et traverse la Méditerranée pour boucher l'horizon sud. Tour à tour tiraillée ou comprimée par ce charivari, la Provence, après quelques nouvelles phases marines (les fossiles de siréniens de Castellane datent de cette époque), se relève, se relève, se relève … Les Alpes sont nées ! Devant elles, comme une couette (les géologues parlent de " nappe ") que l'on repousse du pied, les couches de sédiments déposées à l'ère secondaire se froissent et glissent sur une couche " savon " formée des gypses du trias. Les Préalpes, de Digne à Castellane, représentent ce bourrelet plissé et déplacé par la mise en place des Alpes.
Fin du Tertiaire et Quartenaire :
Devant les Préalpes, une vaste dépression se creuse. Issus des " nouveaux " reliefs des Alpes et des Préalpes, les cours d'eaux viennent se jeter dans cette cuvette, la remplissant d'alluvions. Le plateau de Valensole est en train de se former. Une fois le plateau comblé et rehaussé (par la poussée alpine qui perdure encore de nos jours) pour prendre sa configuration actuelle, les cours d'eau reprennent leurs divagations. Le plus important d'entre eux, la Durance, rejoint par ses affluents (Asse et Verdon sur le territoire du Parc), se fraye un passage entre les Corbières et les massifs marseillais, pour aller se jeter dans la toute jeune Méditerranée. Quelques millions d'années plus tard, le Rhône se met en place, captant la Durance au passage.

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